L’agenda culturel d’octobre 2025

L'actualité des arts et spectacles, et la chronique cinéma d'Options.

Publié le : 10 · 10 · 2025

Temps de lecture : 2 min

Options - Le journal de l’Ugict-CGT

Trois comédiennes, après avoir parcouru le bocage normand pour rencontrer rebouteux et coupeurs de feu, jouent une fiction théâtrale et musicale (dès 12 ans) qui a trait à la transmission.

Le Préau, centre dramatique national de Normandie-Vire, est dirigé par Lucie Berelowitsch. Elle met en scène, sur un texte de Penda Diouf, une pièce qui a pour titre (provisoire nous dit-on) Sorcières. À l’origine du projet, il est rappelé que, dans les années 1970, la grande anthropologue Jeanne Favret-Saada, ayant enquêté sur les actes de sorcellerie pratiqués dans les campagnes de la Mayenne, les a consignés dans un livre important, Les Mots, la mort, les sorts.

Questionner les bons et mauvais sorts

Lucie Berelowitsch et Penda Diouf ont, à sa suite, arpenté le bocage normand pour rencontrer rebouteux et coupeurs de feu, s’interroger sur les bons et mauvais sorts, les rituels et croyances populaires qui persistent de nos jours. De ces témoignages est née la pièce. « C’est l’histoire d’une jeune femme qui décide de revenir sur les terres de sa grand-mère dans la maison familiale, dont les murs se laissent contaminer par les secrets enfouis et la campagne alentour, hostile, ensorcelante. » Il est précisé que, « au-delà de la sorcellerie, ce sont les thématiques de la transmission, de l’héritage et de l’amitié qui se révèlent ». 

  • Du 6 au 8 novembre 2025 au Préau, place Castel, à Vire (14). Le 19 novembre à Condé-sur-Vire (50). 

FILM Un simple accident

Jafar Panahi (Iran)

Titulaire de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, ce film d’un cinéaste deux fois emprisonné dans son pays, affirme son talent et son courage, car il tourne, pour ainsi dire, à domicile. Un mécanicien, ancien prisonnier, qui a été torturé les yeux bandés, croit reconnaître son tortionnaire à sa démarche claudicante. Il le kidnappe pour lui régler son compte. L’homme, saucissonné, crie à l’erreur. Le doute saisit le ravisseur, qui cite des témoins à comparaître … Le tour de force de Jafar Panahi est à voir dans le comique de situation qu’il introduit dans le tragique. Et la question se pose : doit-il se faire justice lui-même, au risque de devenir bourreau à son tour ?

Stéphane Harcourt

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