Dans la famille Bach : le brillant cousin 

Jean-Sébastien appréciait grandement les cantates de son cousin Jean-Louis, un peu tombé dans l’oubli mais qui excellait dans le « stylus phantasticus » caractéristique du baroque allemand.

Publié le : 16 · 03 · 2026

Temps de lecture : 1 min

Dans la famille Bach, on connaît l’ancêtre, Veit le meunier ; le maître, Jean-Sébastien ; ses fils, Carl-Philip Emanuel, Wilhelm Friedmann… Mais il y a aussi les cousins et, parmi eux, Johann Ludwig, qui éclaire comme nul autre la musique du créateur de L’Art de la fugue

Originaire de Meiningen, en Thuringe, berceau natal de la lignée, Johann Ludwig est un cousin – éloigné – de Jean-Sébastien. Né huit ans avant ce dernier, en 1677, il fut lui aussi maître de chapelle (Kapellmeister). Si une grande partie de sa musique, notamment instrumentale, n’a pas survécu à l’épreuve du temps, sa musique vocale, en revanche, a traversé les siècles grâce à… Jean-Sébastien. Celui-ci appréciait tant sa musique qu’il recopia ses cantates et les fit interpréter en 1726, du temps où il était cantor à la Thomaskirsche de Leipzig. 

Il y aurait beaucoup à dire de la musique de Johann Ludwig, et de ses 18 cantates : l’héritage assumé du stylus phantasticus caractéristique du baroque allemand ; la maîtrise du style italien ; le choix de l’expression avant la forme ; l’accent mis sur la couleur des sons, qui rappelle Georg Philip Telemann, autre grande figure musicale de l’époque (cantates JLB21 et JLB 15). 

Ce qui marque, en premier, ce sont les chœurs, qui illustrent à eux seuls la force, la vigueur, la sensualité, un savoureux mélange des timbres de voix et des instruments. Le plateau de solistes se montre aussi inspiré, en particulier William Shelton, contre-ténor, Carine Tinney, soprano, Michael Mogl, dont le timbre de voix rappelle celui du regretté Howard Crook.

  • Capella Sollertia & Johanna Soler, Johann Ludwig Bach. The Leipzig Cantatas, 4 CD Ricercar, 36 euros.
Ulysse Long-Hun-Nam

Pour aller plus loin :