Au théâtre de la Reine Blanche, Hervé Dubourjal met en scène Freud, dernier combat, un spectacle à partir d’un roman du psychiatre Jean-Marie de Sinety, intitulé Freud, journal des années noires (1934-1939), publié en édition numérique chez Librinova. Il y met en jeu les dernières années de l’homme qui s’est acharné à explorer les mystères de l’inconscient. Vieux, malade, angoissé par l’état monstrueux du monde d’alors, il a à ses côtés sa fille chérie, Anna… Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety signent l’adaptation théâtrale, que met en scène Hervé Dubourjal, qui tient le rôle de Freud, Moana Ferré jouant Anna.
« Il vivra tout le reste de sa vie dans l’inconfort »
Les auteurs du texte abordent le projet en ces termes : « Et si Freud était passé de sa théorie de la séduction – la neurotica – qui privilégie la réalité des faits, à la théorie de l’Œdipe (la primauté des fantasmes et la sexualité infantile comme fait déterminant de la séduction) pour des raisons avant tout personnelles ? » Aude de Tocqueville et Jean-Marie de Sinety en déduisent que Freud « vivra tout le reste de sa vie dans l’inconfort, mais de cette incroyable inversion de responsabilité va surgir la psychanalyse ».
Sur la scène, avec l’aide indispensable de sa fille Anna, Freud va progressivement découvrir qui était véritablement son père, Jakob. Au terme d’un cheminement douloureux, il finira par admettre que sa découverte du concept œdipien était apparue dans un contexte singulier, « à la lumière d’un conflit psychique très personnel. Ces révélations vont-elles lui permettre de se réconcilier avec lui-même ? » Telle est la question.
Stéphane Harcourt
- Du 10 avril au 3 mai, au théâtre de la Reine-Blanche, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18e.
Cinéma
Un jour avec mon père, Akinola Davies Jr (Grande-Bretagne et Nigeria)
Ce film a été récompensé, à juste titre, par le Bafta (équivalent des César au Royaume-Uni) du meilleur premier film et par une mention spéciale de la Caméra d’or à Cannes. À Lagos, capitale du Nigeria qui grouille de vie, deux garçons, sous la conduite d’un père féru de démocratie, assistent impuissants, en juillet 1993, à l’annulation des élections par les militaires. Une fiction prenante, idéalement rythmée, sur un fait historique majeur survenu dans un pays d’Afrique où 60 % des 128 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté.
