Vu d’Europe – La preuve par Ormuz

La pétrodépendance rend l’Union européenne particulièrement vulnérable, et le détricotage du Pacte vert aggrave la situation. Sous pression des lobbies patronaux, les États membres freinent également l’application de la directive sur la transparence salariale. Eurocadres réagit.

Publié le : 24 · 04 · 2026

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Image abstraite réalisée par Antoine Thibaudeau, mélangeant peinture acrylique, étoiles scintillantes et reflets aquatiques.

La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a eu des répercussions profondes sur l’économie mondiale, notamment sur les prix de l’énergie suite au blocage du détroit d’Ormuz. Sans entrer dans le détail des objectifs – ou plutôt de l’absence d’objectifs – de cette guerre, ni dans les pronostics sur sa durée, une chose doit être parfaitement claire : l’Union européenne doit protéger ses citoyennes et citoyens d’une crise qu’ils n’ont pas provoquée.

Notre dépendance aux énergies fossiles est un échec politique de cette Commission, qui est revenu sur les objectifs et les investissements du Pacte vert, aggravant la vulnérabilité de l’Europe face à de tels chocs mondiaux.

Investir sérieusement dans les énergies renouvelables

Ce changement de cap s’est fait sous la pression de l’extrême droite et des grandes entreprises. Mais la soumission de la Commission Von der Leyen II aux multinationales ne protégera que les 1 % les plus riches. Le social-démocrate danois Dan Jørgensen, commissaire à l’Énergie et au Logement, doit préciser comment l’UE entend défendre les travailleuses et travailleurs européens, notamment en plafonnant les prix et en intervenant pour éviter une explosion de la précarité énergétique dans toute l’Union.

L’Europe se trouve aujourd’hui à un tournant : ou bien investir sérieusement dans les énergies renouvelables pour garantir une offre bon marché, décarbonée et sûre, ou bien continuer à dépendre des combustibles fossiles à la demande des grands groupes industriels.

Mettre en œuvre la transparence salariale

Ce mois-ci, Eurocadres – dont est membre l’Ugict-CGT – a participé à une audition pour la mise en œuvre de la directive sur la transparence salariale, alors que les employeurs et les États membres font tout pour l’entraver.

Une très large majorité des gouvernements nationaux ont traîné des pieds pour mettre en œuvre ce texte qui doit entrer en vigueur en juin, malgré l’affirmation d’Ursula von der Leyen qu’il ne serait pas sujet à modification.

Des syndicalistes de toute l’Europe ont plaidé pour que la Commission sanctionne les gouvernements qui cèdent aux lobbies patronaux. Les tentatives de « suspendre le processus » ou de « simplifier » ce texte ont été rejetées, et il faut à présent vaincre l’inaction des États membres.

Atténuer les risques psychosociaux

Enfin, ce mois-ci, le Parlement européen a publié un nouveau rapport qui appelle à une directive et des mesures contre les risques psychosociaux liés au travail.

En tant que fer de lance de la lutte pour la protection de la santé mentale des travailleuses et travailleurs, Eurocadres salue le rapport de l’eurodéputée socialiste belge Estelle Ceulemans, qui affirme que la Commission doit proposer des mesures pour atténuer ces risques.

Alors que ce rapport a été favorablement accueilli par la commission de l’Emploi et des Affaires sociales le 16 avril, nous espérons obtenir une adoption au niveau de la Commission.

Nayla Glaise, présidente d’Eurocadres

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