La carrière de soliste d’Amanda Maier s’arrêta très tôt, à l’âge de 30 ans, en raison de son mariage. Elle n’en continua pas moins d’écrire, jusqu’à sa mort en 1894, dans sa quarante-et-unième année. Effacé des mémoires, le souvenir d’Amanda Maier est très lié à une figure éminente de la musique suédoise : Elfrida Andrée. Très engagée pour les droits des femmes, celle-ci se battit contre le clergé et contre la loi pour pouvoir passer le diplôme d’organiste professionnelle, et, plus tard, exercer le métier de télégraphiste.
Encouragée elle aussi par son père, Amanda apprit le violon – dont elle devint une virtuose –, le piano, le violoncelle, l’orgue, la composition, et fut la première femme diplômée en direction musicale de l’École royale de Stockholm. Sa dernière œuvre, avant d’être vaincue par la tuberculose, fut un quatuor pour piano. Auparavant, celle qui avait voyagé à travers toute l’Europe, avait inscrit à son catalogue plusieurs œuvres à la croisée du romantisme allemand et du folklore suédois, à l’image de son Trio pour piano en mi bémol majeur ou de ses Mélodies et danses suédoises.
Ce sont ces morceaux, et autres, qu’interprètent ici le Trio Ernest et Éléonore Billy, au nyckelharpa, un instrument traditionnel suédois. Pour replacer la musique d’Amanda dans son contexte, le quatuor a choisi d’y associer le Trio pour piano n°1, de Carl Reinecke, qui fut son professeur, Un matin lumineux, de Clara Schumann, ou encore l’Andante con moto, d’Edvard Grieg, qui montrent qu’elle n’avait rien à leur envier sur le plan de l’inspiration, de l’harmonie et de la mélodie.
- Trio Ernest, Éléonore Billy, The Wonderful Adventures Of Amanda Maier, 1 CD Aparté, 18 euros.
