« Toutes les vies » pour résister, au Théâtre-Studio d’Alfortville

Mis en péril par la réduction de ses subventions, le lieu de création fondé par Christian Benedetti organise la résistance, de janvier à juin, avec le concours de nombreux artistes.

Publié le : 16 · 01 · 2026

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Théâtre studio

D’un ancien entrepôt à vin d’Alfortville, Christian Benedetti a su faire un théâtre singulier. Son talent d’acteur, de metteur en scène et d’hôte accueillant y a conquis un public fervent et la reconnaissance attentive de la critique. Il n’est que de citer, parmi tant de réalisations mémorables, son approche infiniment singulière et novatrice des pièces de Tchekhov. 

Or, le conseil départemental du Val-de-Marne, aux mains de la droite, a annoncé, sans ambages, que le Théâtre-Studio n’est plus conventionné et n’aura plus de subventions. 

« Le démantèlement artistique continue et s’amplifie ! »

« Ce choix est politique », déclarent aussitôt Christian Benedetti et son équipe. « Le démantèlement du maillage artistique du Val-de-Marne continue et s’amplifie ! », soulignent-ils dans un communiqué, notant que « plusieurs structures artistiques seraient également victimes : la Maison des arts de Créteil, le centre dramatique national d’Ivry, la Maison du conte, la Briqueterie… L’aide aux compagnies (une particularité du Val-de-Marne) est aussi très impactée ».

C’est pourquoi Benedetti et son équipe ponctuent le communiqué en ces termes : « La trumpisation des esprits est en marche, avec sa liste de mots autorisés pour circonscrire la pensée. Nous ne nous tairons pas ! Nous ne partirons pas ! Nous ne baisserons pas les bras ! Nous ne baisserons pas les yeux ! »

« Premier battement » avec Ariane Ascaride

Pour ce faire, est déclenchée l’opération « Toutes les vies ». De janvier à juin, les ami·es du Théâtre-Studio (« abri, laboratoire, lieu de mémoire et de répertoire, foyer pour l’imagination ») viendront jouer : « La billetterie de soutien nous permettra d’espérer survivre. » Le « premier battement » aura lieu le 17 janvier, grâce à Ariane Ascaride. De 17 à 19 heures, ce sera la projection du film de Robert Guédiguian, La ville est tranquille.

« Sur le bonheur de donner ! », poèmes de Bertolt Brecht 

Une rencontre suivra avec Ariane Ascaride et Jean-Pierre Darroussin. L’événement est gratuit sur réservation. Ensuite, de 20 heures à 21 h 30, Ariane jouera son spectacle avec le musicien David Venitucci, Sur le bonheur de donner !, mettant en scène des poèmes de Bertolt Brecht. À 22 heures, suivra un concert avec La muse en circuit. Le 14 février, de 17 heures à 19 heures, il y aura la projection du film de Coline Serreau, La Crise (événement gratuit sur réservation). 

« La Belle Histoire de Coline Serreau », racontée par elle-même

De 20 heures à 21 heures, ce sera le spectacle La Belle Histoire de Coline Serreau, dans lequel elle narre les multiples péripéties de sa vie d’artiste, sur un ton des plus réjouissants. Le 14 mars, l’acteur Jacques Bonnaffé prendra le relais. Après la projection du film Les Intrus, de Reza Serkanian (17 heures-19 heures), dans lequel il joue, il offrira aux spectateurs le Degré Zorro de l’écriture, en partage avec le slameur Dgiz. D’autres artistes solidaires sont encore à venir, pour ce beau geste indispensable de résistance. Leurs noms seront sous peu dévoilés.

Jean-Pierre Léonardini  

Lennie Nicollet

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