Portraits et autoportraits, de jadis jusqu’à aujourd’hui 

Au Petit Palais, l’exposition « Visages d’artistes » propose pas moins de 100 œuvres grâce auxquelles on peut mesurer l’évolution de la représentation de la figure humaine au fil du temps.

Publié le : 24 · 04 · 2026

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Gustave Courbet, Autoportrait dit Courbet au chien noir (1842-1844), Huile sur toile, 46,5 × 55,5 cm.

Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris.

Thème central des collections du Petit Palais, le portrait et l’autoportrait d’artiste est un axe majeur de sa politique d’acquisitions. Le parcours de l’exposition « Visages d’artistes » rassemble quelque 100 pièces – peintures, sculptures, arts graphiques, arts décoratifs et photographiques – du XIXe siècle à nos jours . Cela va d’une œuvre-phare comme l’Autoportrait au chien noir, de Courbet (illustration) à de nombreuses œuvres méconnues, sorties des réserves pour l’occasion. 

Que signifie l’autoportrait pour un artiste, sinon une manière d’exister au regard des autres et sans doute, aussi, dans l’histoire de l’art ? Quant aux portraits, ils révèlent, le plus souvent, l’amitié, voire l’affection et la filiation assumées, quand bien même, à certains égards, la critique et l’ironie n’en sont pas absentes. Au début de la visite, on découvre un bel ensemble d’autoportraits – de Courbet donc, de Puvis de Chavannes, de Léon Bonnat et de Jacques-Émile Blanche, entre autres – exécutés sans commanditaire, en toute liberté expérimentale, 

Un espace mental de fraternité sur le lieu de travail

La visite obéit à une perspective narrative, partant de l’individu pour s’étendre au collectif, dans ces « portraits d’atelier » qui traduisent l’hommage à des pairs, en affinité, au sein d’un espace mental de fraternité sur le lieu de travail. C’est flagrant, par exemple, dans Panorama de l’histoire du siècle (1889) d’Henri Gervex, tandis que le sculpteur Paul Paulin (1852-1937) a pu regrouper en trois dimensions, dans sa galerie de bustes, les physionomies de Degas, Renoir, Monet et Pissarro. 

S’il est un élément d’importance à souligner au sein de l’exposition « Visages d’artistes », c’est la présence considérable de portraits d’artistes féminines, qui constituent autant de regards fièrement d’aujourd’hui face aux collections historiques. C’est ainsi que des œuvres de Sophie Calle, de Giulia Andreani, de Nina Childress (illustration), d’Hélène Delprat, de Nan Goldin (une rétrospective de son œuvre photographique est en cours au Grand Palais), de Nathanaëlle Herbelin, d’Annette Messager, de Françoise Pétrovitch, de Cindy Sherman et autre Claire Tabouret interrogent hardiment les codes et usages de l’héritage du portrait d’artiste.

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L’artiste femme a désormais pleinement sa place

Face à un passé résolument masculin, la preuve est faite que l’artiste femme a désormais pleinement sa place, en réinterprétant les enjeux du portrait et de l’autoportrait. On annonce, par ailleurs, la parution à l’automne d’une monographie consacrée à la peintre impressionniste Eva Gonzalès (1847-1883) et une carte blanche confiée à l’artiste plasticienne multidisciplinaire Prune Nourry. 

Jean-Pierre Léonardini

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