Maurits Cornelis Escher (1898-1972) est depuis longtemps renommé pour son originalité et sa virtuosité. Pour la première fois en France, la Monnaie de Paris lui offre un vaste écrin provisoire. Né à Leeuwarden (Pays-Bas), il étudie d’abord l’architecture et les Arts décoratifs, avant de choisir les arts graphiques, sous la direction de Samuel Jessurun de Mesquita, son maître révéré, qui sera déporté à Auschwitz. Dans les années 20, Escher avait visité la Côte d’Azur et voyagé en Italie puis en Espagne. Le style décoratif de l’Alhambra de Grenade l’avait profondément marqué.
Figures réitérées à l’infini, sans laisser d’espaces vides
Cette découverte des motifs décoratifs mauresques l’a incité à renoncer à la figuration naturaliste de ses débuts pour explorer des figures, régulières ou non, réitérées à l’infini sans laisser d’espaces vides. S’imposent alors les compositions imaginaires d’inspiration géométrique qui le rendront célèbre. Ses « pavages » sophistiqués, ses incessantes métamorphoses, ses « modes impossibles » inventés au contact de la communauté scientifique le consacreront définitivement dans les années soixante.

448 estampes et plus de 2 000 dessins et esquisses
À cette époque, aux États-Unis, le mouvement hippie ne tarde pas à le revendiquer dans son espace psychédélique. Toute sa vie, M. C. Escher a travaillé d’arrache-pied. On lui doit 448 estampes par xylographie (soit la gravure sur bois) et par la lithographie (reproduction par impression sur une pierre calcaire) et plus de 2 000 dessins et esquisses. Il a illustré des livres, conçu des projets de design pour des cartes de vœux, des emballages, des céramiques, des timbres… Sa santé s’est progressivement altérée, ce qui l’a contraint à subir de nombreuses opérations chirurgicales. À partir de 1970, il a dû s’installer dans une maison de retraite à Laren, un village de Hollande du Nord. Il s’est éteint le 27 mars 1972, à l’âge de 73 ans.
- Jusqu’au 1er mars 2026, à la Monnaie de Paris, 11 Quai de Conti, Paris 6e, escher-expo.com
