Un Ulysse terriblement actuel rencontre son Homère
Homère Kebab, c’est le monologue d’un migrant, une nuit à Calais. Il entre dans la boutique d’un marchand de kebabs nommé Homère, qui va écouter avec bienveillance le récit de ses pérégrinations… Benoît Lepecq (dont le texte est publié à L’Harmattan) annonce ainsi son projet : « En écrivant, je souhaitais fondre les caractéristiques mythologiques empruntées à Ulysse, avec l’image la plus invisibilisée qui soit d’un migrant. »
La Décennie noire en Algérie a fourni « la toile de fond historique » de son exil. « J’ai voulu dire, précise Benoît Lepecq, la détresse des hommes forcés à fuir leur pays d’origine et la fin de non-recevoir de l’hospitalité occidentale. » Quant à l’arrière-plan homérique de la pièce, l’auteur-metteur en scène le définit ainsi : « Au-dessus de cela figure le fatum [la fatalité], dès lors qu’on enfreint les lois de la cité, appliquées à nos sociétés sans autre dieu que le profit ».
- Jusqu’au 11 mars, les mercredis à 19 heures, au théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, Paris 11e.
CINÉMA Grand ciel
Akihiro Hata (Japon)
Dans le cadre d’un immense chantier de BTP, le cinéaste donne à voir la disparition d’ouvriers littéralement dévorés par le béton. Cette métaphore du capitalisme monstre va de pair avec un solide réalisme dans la représentation des luttes syndicales, des ambitions sociales en cours, des amitiés déchirées par les circonstances de l’exploitation.
