Depuis cinquante ans, la Fondation Saint-John Perse détient l’ensemble des archives léguées à la ville d’Aix-en-Provence, peu avant sa mort, par Saint-John Perse (1887-1975). Le fonds recèle plus de 16 000 documents (manuscrits, correspondance, objets d’art…) mis à la disposition des chercheuses et chercheurs. Les Rencontres du 9e art, en association avec ladite fondation, présentent ces temps-ci l’exposition « Saint-John Perse d’Atlantique ». Pour l’occasion, les éditions Cambourakis mettent en valeur les œuvres graphiques de sept artistes de BD – Thomas Gosselin, Lisa Lugrin, Frédéric Coché, Nina Six, Oriane Lassus, Octavia Eichler, François Henninger – qui illustrent la vie romanesque de ce grand voyageur.
S’adonnant à la poésie dès les années 1900, Alexis Leger adopta le nom de plume Saint-John Perse à partir de 1924 pour édifier un monument poétique intransigeant qui n’appartient qu’à lui. Sont montrés maints documents et objets lui ayant appartenu. Par ailleurs, en liaison avec le Printemps des poètes 2026, sont prévus plusieurs rendez-vous.
Personnage-clé de la politique de l’Entre-deux-guerres
Alexis Leger est né à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), dans une famille blanche de la bourgeoisie créole. Débarqué jeune en métropole, il noue des amitiés avec les gens de la Nouvelle Revue française (NRF) qui le remarquent dès ses premiers écrits : Gaston Gallimard, André Gide, Paul Valéry, Valery Larbaud, Paul Claudel…
Entré au ministère des Affaires étrangères sous la houlette d’Aristide Briand, il sera un personnage-clé de la diplomatie de l’Entre-deux-guerres. Démis de ses fonctions en mai 1940, réfugié en Angleterre puis aux États-Unis, il est déchu de sa nationalité par le régime de Vichy. Il sera rétabli dans ses droits à la Libération, au rang d’ambassadeur, malgré qu’à Londres il avait refusé de faire allégeance à de Gaulle.
Inspiré par l’espace, la lumière, le vent, le vol des oiseaux
Chez Saint-John Perse, le diplomate et le poète sont radicalement séparés. Inspiré par l’espace, la lumière, le vent, le vol des oiseaux, sa rigueur morale et spirituelle transparaissent dans tous ses recueils, depuis Éloges (1921) jusqu’à Chant pour un équinoxe (1975), en passant par Anabase (1924) ou Vents (1946) et Amers (1957).
Ses Œuvres complètes sont publiées dans la prestigieuse collection de la Pléiade (Gallimard).
- L’exposition « Saint-John Perse d’Atlantique » a lieu jusqu’au 21 mars dans la galerie de l’office de tourisme d’Aix-en-Provence, 300, avenue Giuseppe-Verdi.
